Tribune santé mentale des jeunes : « Faire de 2026 l’année des actes »
L’Alliance co-signe une tribune dans les colonnes du journal Le Monde sur la santé mentale des jeunes, aux côtés de près de 200 signataires afin d’interpeller le Gouvernement. Ils exigent la mise en œuvre concrète des dix mesures du rapport remis en février dernier à Stéphanie Rist par ses trois co-autrices : le Pr Marie-Odile Krebs, le Dr Rachel Bocher et Angèle Malâtre-Lansac.
Un cri d’alarme face à l’immobilisme
Le constat dressé par les signataires de la tribune – dont l’ancien Premier ministre Michel Barnier, d’anciens ministres de la santé, des députés, des professionnels de la santé mentale, des personnes concernées, etc – est sans appel : la situation concernant la santé mentale de la jeunesse est devenue insoutenable. Malgré deux années consacrées à la santé mentale comme Grande Cause Nationale, les perspectives de changement concret restent incertaines. Les signataires dénoncent un manque de visibilité préoccupant sur la mise en œuvre des solutions déjà identifiées et rappellent que la santé mentale n’est pas un sujet secondaire, mais le cœur-même de notre cohésion sociale, qui touche aussi bien l’école que le travail ou encore le logement. La crainte est forte : celle de voir se multiplier les effets d’annonces sans action concrète.
L’intervention précoce : un impératif humain et économique
L’urgence fait écho à une réalité tragique : les troubles anxio-dépressifs ont été multipliés par 2 chez les 18-24 ans en 5 ans et les tentatives de suicide chez les jeunes femmes ont augmenté de plus de 76 % sur la même période. Face à cette urgence, l’accès aux soins ne cesse de se dégrader et prend entre 2 et 5 ans en moyenne. « L’accepterait-on pour le cancer ? » interrogent les auteurs, qui soulignent que 49 % des jeunes de 18 à 24 ans subissent des ruptures de parcours faute de repérage rapide. L’appel lancé aujourd’hui repose par ailleurs sur des preuves d’efficacité tangibles :
- L’efficacité documentée : les initiatives comme celles du Réseau Transition démontrent que l’intervention précoce permet au jeune de poursuivre sa trajectoire (scolaire, professionnelle, sociale, familiale…) et réduit les hospitalisations sous contrainte comme les recours aux urgences.
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Un investissement rentable : le coût économique de la santé mentale s’élève à 160 milliards d’euros par an. Or un euro investi dans l’intervention précoce permet d’en économiser 15.
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Une attente sociétale forte : après deux ans de Grande cause nationale, la santé mentale occupe aujourd’hui une place prioritaire dans les discours politiques et médiatiques, comme dans les sujets de préoccupation des Français, signe que la société est prête pour une transformation profonde.
Vers un cycle d’actions claires
Le texte ne se contente pas de dresser un état des lieux : il réclame un « cap politique concret » pour faciliter le repérage des situations à risque et limiter le décrochage scolaire et social. La prolongation de la Grande Cause Nationale en 2026 est vue comme une opportunité majeure, mais à une condition absolue : tenir la promesse de transformer les constats en actes financés et effectifs sur tous les territoires. Il n’est plus temps de diagnostiquer le système, mais de le transformer pour protéger nos jeunes, qui paient aujourd’hui le prix fort des retards accumulés.