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Repérage et intervention précoces : lancement d’un groupe de travail au ministère de la Santé

En écho à la remise du rapport “10 mesures d’urgence pour le repérage et l’intervention précoce en santé mentale” à la ministre de la Santé en février 2026 par Rachel Bocher, Marie-Odile Krebs et Angèle Malâtre Lansac, la Direction générale de l’offre de soins a lancé un groupe de travail pluriprofessionnel dédié au repérage et à l’intervention précoces en santé mentale. Un premier pas vers des actions concrètes demandées dans la tribune co-signée fin mai par l’Alliance pour la Santé Mentale aux côtés de dizaines d’autres signataires.

Annoncé le 2 juin pour un déploiement opérationnel d’ici fin 2027, ce groupe de travail, constitué le 7 juillet, réunit des acteurs clés : administrations, professionnels de santé, fédérations hospitalières, représentants des usagers et associations, ainsi que le Pr Marie-Odile Krebs, le Dr Rachel Bocher et Angèle Malâtre-Lansac, les trois co-autrices du rapport “10 mesures d’urgence pour le repérage et l’intervention précoces en santé mentale”.

Un modèle qui a fait ses preuves

Pour faire évoluer durablement les pratiques, ces travaux proposent de s’inspirer du modèle australien déployé depuis les années 2000 et d’ores et déjà déployé sur plusieurs sites en France. Fondé sur des données probantes, il repose sur une évaluation globale, un accompagnement personnalisé (case management) et une prise en charge intensive directement dans le milieu de vie du jeune, coordonnée par une équipe pluridisciplinaire.

Alors que 75% des troubles psychiatriques débutent avant l’âge de 25 ans, et que les délais d’attente sont aujourd’hui en moyenne de 2 à 5 ans pour obtenir des soins, l’intervention précoce chez l’adolescent et le jeune adulte constitue une avancée majeure en santé mentale. En intervenant rapidement, de manière globale et personnalisée, elle améliore le pronostic médical et social, favorise le rétablissement et limite l’impact financier et sociétal des troubles sévères. De plus, elle représente une avancée majeure et attractive pour les professionnels de la discipline.

Une mise en œuvre concrète dès 2027

Le rapport comporte une vision globale en dix mesures pour permettre la diffusion de l’intervention précoce sur l’ensemble du territoire qui doivent être considérées comme un ensemble cohérent, structuré et indissociable, chacune venant renforcer l’efficacité des autres. Les premiers objectifs fixés par le groupe de travail pour la fin de l’année 2026 et début 2027 visent à cartographier l’ensemble de l’offre disponible sur le territoire pour permettre à chacun de s’orienter plus facilement, ainsi qu’à acculturer et former les professionnels.

La rédaction d’un cahier des charges national, intégrant des indicateurs précis, pourrait également constituer l’une des premières mesures. Par ailleurs, garantir des engagements budgétaires clairs sur ce sujet à l’occasion des débats budgétaires de la rentrée constituerait un signal indispensable pour traduire opérationnellement ce mouvement tant attendu par les personnes concernées, les familles et les professionnels.