Du 19 au 21 mai à la faveur de la 60ème édition de SantExpo, l'Alliance pour la Santé Mentale a arpenté les allées du salon pour y proposer cinq interventions. Le but : mettre en lumière la santé mentale des jeunes, déclarée prioritaire par les pouvoirs publics depuis le lancement de la Grande cause nationale.
Conviée par la Mutuelle Nationale des Hospitaliers, la MGEN, la Fédération de l’Hospitalisation Privée (FHP), l’Agence nationale d’appui à la performance des établissements de santé et médico-sociaux (ANAP) et la Direction générale de l’offre de soins (DGOS) à contribuer aux débats SantExpo 2026, l’Alliance pour la Santé Mentale a décrypté ce qui impacte la santé mentale des jeunes.
Une période critique, et une opportunité d’action
L’ensemble des interventions réalisées par l’Alliance à cette occasion fait écho à un constat partagé et documenté : les troubles psychiques apparaissent, pour les trois quarts d’entre eux, avant l’âge de 25 ans. Certes, la période est critique, mais elle est aussi une opportunité d’action unique. Plus on détecte précocement – comme le rappelle le rapport « 10 mesures d’urgence pour renforcer le repérage et l’intervention précoces en santé mentale » – plus on peut intervenir tôt dans la vie, donc éviter la chronicisation des troubles, améliorer la trajectoire et limiter les pertes de chances des personnes concernées.
Des déterminants multiples
En matière de santé mentale, les facteurs d’influence sont nombreux. C’est ce qu’a rappelé l’Alliance à diverses reprises : les éléments individuels propres comme les traumatismes dans l’enfance ou la génétique ; mais aussi les facteurs sociaux comme le travail, le logement… sans oublier ceux spécifiques à la période de vie comme la pression scolaire, les bouleversements liés à l’entrée dans l’âge adulte ou encore ceux plus récemment apparus comme l’addiction aux écrans ou le cyber-harcèlement. La conjonction de ces diverses typologies nécessite donc une politique de prévention précoce, et intersectorielle, a-t-on insisté.
Le Covid : pas seulement un déclencheur
Enfin au fil de ses interventions, l’Alliance a souligné l’importance de l’impact de la pandémie de Covid sur la santé mentale des jeunes. A cet égard, les statistiques sont sans appel depuis la crise et mettent notamment en évidence l’explosion des troubles anxieux / dépressifs ainsi que des gestes suicidaires, en particulier chez les jeunes filles. Loin de considérer l’épidémie comme le simple déclencheur de cette hausse significative, dont les effets sont encore observables à l’heure actuelle, il faut plutôt y voir la révélation d’un malaise pré-existant, a-t-on rappelé.