Amélie Nicaise prend les rênes de Nightline France et dessine sa feuille de route
Fraîchement nommée Déléguée générale de Nightline France pour succéder à Nathalie Roudaut, Amélie Nicaise revient sur son parcours au service de la jeunesse et du monde associatif. Entre engagement de terrain, santé communautaire et défis à venir, elle qui a grandi en Belgique et s’est formée au CELSA à Paris dévoile sa vision pour accompagner la santé mentale de toute une génération.
Votre parcours professionnel est très riche. Qu’est-ce qui a guidé vos choix pour le construire ?
“Mon fil rouge a toujours été la nouveauté, l’engagement et le collectif. Après des études de communication et de journalisme à Bruxelles, j’ai rapidement ressenti le besoin de dépasser le temps court de l’actualité pour agir concrètement et approfondir mes sujets : jeunesse, lien social et éducation notamment. C’est d’abord en Italie, au sein de la Città delle bambine e dei bambini à Fano, puis en France dans des associations comme Starting-Block, Elles bougent et Article 1, que j’ai découvert la force de la participation des personnes concernées et de l’engagement citoyen au service de l’intérêt général. Qu’il s’agisse de placer l’enfant au cœur des choix politiques, promouvoir l’inclusion des étudiants en situation de handicap, encourager la place des femmes dans les sciences ou développer le mentorat, mon moteur a invariablement été d’ouvrir le champ des possibles. Après une courte parenthèse au sein d’un grand Groupe, j’ai réalisé combien l’agilité, le sens et l’impact de l’environnement associatif étaient moteurs pour moi. En ce sens, rejoindre Nightline France était une évidence”.
Quel constat faites-vous sur la santé mentale des jeunes et le rôle de Nightline ?
“C’est vrai, la jeunesse connaît une dégradation de sa santé mentale et traverse une période de forte anxiété, que la pandémie de Covid a révélée. Mais je retiens avant tout qu’elle souhaite agir pour elle-même et s’emparer du sujet. C’est précisément le cœur de notre démarche, fondée sur la santé communautaire, le soutien de pair-à-pair et l’aller-vers. Lorsqu’un étudiant se confie la nuit à un autre jeune formé à accueillir sa parole, il trouve une écoute de qualité, bienveillante et exempte de jugement. Même si elle s’est professionnalisée, Nightline reste une association étudiante dont les bénévoles représentent le feu sacré. Pour ma part, je ne suis que la représentante d’une organisation qui permet aux étudiants d’agir pour leur santé mentale et celles de leurs pairs, et de faire entendre leur voix et leurs préoccupations”.
Quelles sont vos ambitions et chantiers prioritaires pour l’avenir de l’association ?
Mon objectif est de m’appuyer sur le travail entrepris avant mon arrivée par mes prédécesseurs et pour lequel j’ai un immense respect. Ce faisant, j’apporterai ma sensibilité tout en consolidant nos principes fondateurs. Je souhaite d’abord ouvrir notre action à une plus grande diversité de jeunesses en allant davantage vers celles et ceux qui aujourd’hui sont les moins sensibilisés ou les moins susceptibles de recourir à nos dispositifs. Il s’agit également de poursuivre le maillage territorial vers les villes non-couvertes et les outre-mers, tout en structurant le réseau des Nightlines à l’échelle européenne selon des modalités qui restent encore à définir. Naturellement, j’entends enfin poursuivre notre travail de plaidoyer pour maintenir la santé mentale des jeunes au premier plan de l’agenda public. La jeunesse ne représente pas seulement l’avenir : elle est l’un des principaux leviers de progrès de notre société”.
Propos recueillis par Anne Perette-Ficaja