Caroline Poissonnier et le Groupe Baudelet : le pari gagnant de l'engagement pour la santé mentale en entreprise
A la tête du Groupe Baudelet, Caroline Poissonnier est aussi fondatrice de LeaderKiff. Résolument convaincue que la santé mentale des collaborateurs n’est pas un sujet périphérique, elle a transformé sa conviction personnelle en engagement collectif mesurable et fait de son entreprise l’un des premiers signataires de la Charte pour la santé mentale au travail portée par l’Alliance.
Ce que cet engagement change concrètement
« Nous avons structuré un plan d’action sur trois ans autour d’une priorité : faire de la santé mentale un sujet qui se parle, à tous les niveaux de l’organisation. Concrètement, entre juin et octobre 2026, tous les leaders et managers du Groupe seront formés à la santé mentale. Une journée co-construite sur mesure avec l’équipe LeaderKiff, autour de quatre objectifs : libérer la parole sur le sujet, comprendre son rôle en tant que manager, savoir détecter un collaborateur en souffrance, et connaître les relais disponibles dans l’organisation. En parallèle, cinq personnes seront formées aux Premiers secours en santé mentale d’ici la fin de l’année. La branche bien-être du Groupe Baudelet est née de ce même mouvement : prouver, en interne comme en externe, que performance et équilibre ne s’opposent pas. Ils se construisent ensemble ».
Notre message aux organisations qui hésitent encore
« Quand les dirigeants et les managers ne vont pas bien, toute l’organisation en subit les conséquences. Or une bonne santé mentale est un levier direct de performance, de lucidité et de pérennité pour l’entreprise. N’attendez pas d’aller mal pour aller mieux. C’est le piège dans lequel tombent trop d’entreprises : on intervient en mode crise, quand les arrêts maladie augmentent, quand les équipes s’épuisent. La Charte propose exactement l’inverse : une démarche de progrès, progressive, transparente, adaptée à chaque réalité. Signer, c’est simplement décider que ce sujet mérite une place dans la stratégie de l’entreprise ».
Quel rôle les dirigeants peuvent-ils jouer pour faire évoluer la culture de la santé mentale dans l’organisation ?
« Un dirigeant qui ne prend pas soin de lui donne, malgré lui, le ton à toute l’organisation. Il normalise l’épuisement. Il valide silencieusement l’idée qu’on n’a pas le droit de vaciller. Quand le dirigeant change de posture, les équipes l’autorisent à leur tour. C’est le principe fondateur de LeaderKiff : si on veut faire évoluer la culture de la santé mentale dans une organisation, le changement doit venir du sommet, et il doit être sincère ».
Propos recueillis par Joséphine Arrighi de Casanova